La soie de
Sa robe crisse,
Accompagnant le moindre de Ses mouvements,
Déchirant tes tympans à la puissance surnaturelle.
Perché sur un toit tu L’observes.
Sa beauté est irréelle.
La lune se reflète sur Sa gorge d’albâtre
Et la douce fragrance de musc et de jasmin
Qui s’échappe d’Elle
T’enivre déjà.
Son corps splendide,
Moulé dans le tissu brillant
T’hypnotise.
Le balancement de Ses hanches,
La courbe ferme de Ses seins,
Le reflet de la flamme d’un brasero dans Ses yeux presque violets,
Tout en Elle t’attire.
Jeune, belle et ivre,
Marchant avec insouciance
Dans cette sombre ruelle,
Elle ignore qu’Elle marche vers son destin.
Tu crois déjà sentir la saveur épicée de l’alcool
Sur Ses lèvres pleines qui appellent le Baiser.
Tu imagine la chaleur de Sa peau d’ivoire
Lorsque tu caresseras doucement
Ces courbes parfaites.
Tu entends les battements de Son cœur
Affolé par l’ivresse,
Le bouillonnement de Son sang
Qui se rue dans Ses veines.
Tu es amoureux…
La princesse a trouvé son Prince charmant.
Et quel Prince !
T’étirant comme un chat,
Tu bondis du toit et te trouve face à Elle.
Tu distingues maintenant le grain parfait de Sa peau,
Le doux reflet bleuté de Ses cheveux de jais,
La courbure parfaite de Ses lèvres,
Et ce parfum…..ce parfum !
Presque ivre déjà de cette senteur divine,
Tu rejette en arrière une de tes longues mèches blondes
Et lève vers Elle tes immenses yeux bleus.
Elle te regarde et sourit..
Un ange…Voilà ce dont tu as l’air..
Un ange…Voilà ce que tu peux lire dans Son esprit embrumé par
l’alcool.
Presque timidement, tu lui souris…
Un peu gauchement,
Comme un adolescent face à sa première conquête…
Tu tends la main vers Elle
Et plonge ton regard clair comme le cristal
Dans ces immenses puits sans fond que sont Ses yeux.
Sans doute ne saura t Elle jamais pourquoi, soudain,
Il n’a plus été question pour Elle que d’avancer vers toi,
Que de venir presser Son corps chaud contre ta peau glacée…
Ne pouvant détacher Ses yeux des tiens,
T’offrant Ses lèvres entrouvertes,
Tremblante entre tes bras,
Elle tente de murmurer quelques mots
Mais tu L’en empêche d’un baiser.
Elle sursaute au contact de tes lèvres glacées,
Puis s’abandonne au feu de la passion qui s’empare d’Elle…
Doucement, tes lèvres descendent au creux de Sa gorge,
Et à tes oreilles, le battement de Son artère résonne
Comme le martèlement d’un bélier contre les portes d’un château
fort.
La Soif monte en toi, lentement,
Et tu savoure cet instant.
Ta Proie, tremblante et offerte S’interroge…
Tu attends, laissant le Désir s’emparer totalement de ton être…
Au bout de quelques insoutenables secondes,
Tu plonges finalement tes crocs d’ivoire dans Sa gorge nue et tendre.
Ton corps tendu comme la corde d’un arc
Semble appeler de toutes ses forces la Vie qui se déverse en lui.
Ta peau te semble un immense réseau électrique qui frémit
à chaque gorgée.
Tu bois à long traits et alors que ta victime s’affaiblit entre tes bras,
Ton extase culmine.
En lui volant sa vie, tu lui hurle silencieusement ton amour.
Finalement, tu relève la tête et la regarde silencieusement.
Tes yeux d’ange brillent d’une lueur démoniaque et perverse.
Elle n’est plus qu’une poupée de chiffon inanimée.
Ses lèvres livides sont encore écartées,
Comme si elle attendait un dernier baiser,
Que tu lui refuse.
Abandonnant son corps maintenant glacé,
Tu pars sans te retourner.
Tes yeux ont pris une étrange teinte violette….