:.me.:
/facts
Prénom : Fleur
Age : 26 ans
Anniv : 20.02
(wishlist)
Taille : 1m63/1m70
(avec les
chaussures)
Poids : mmpppfff
Géo : Paris
Taff : Chef de
projet jeux
/tronche

remote
- bestof
- archives
/nicknames
Flaoua Estrella
Eyhidiaze Angel
Dust
Malkie La
Fée
/numbers
7 piercings
3 tatouages
2 bagues armures
2 paires de
New Rocks
1 bonne tonne
de fringues noires
1 millier
de taches de rousseur
1 mètre
de cheveux
1 chat noir
appelé Cisco
/this
blog
since 09/2002
best viewed in 1024x768 or more.
|
:.
12.7.03
.: 12:06 - Madeleine de Proust
Nous sommes samedi, il est 16h et j'ai 7 ans. Perchée sur un haut tabouret devant le bar, je gribouille sur une feuille. A cet âge déja, je ne suis pas très douée pour le dessin. Les portes fenêtres du rez de chaussée sont grandes ouvertes, laissant le soleil printanier entrer à flot, accompagné du parfum entêtant des rosiers en fleurs. Tout est divinement calme. Mon père est certainement un étage plus haut, endormi devant un match de Volley et mon frère enfermé dans sa chambre, tout la haut dans ce que j'aime à appeler notre donjon. L'appartement n'est que lumière et sérénité. Ma mère est à quelques mètres de moi, papillonant du salon à la cuisine, depliant une nappe de dentelle blanche qui se gonfle comme une voile, soulevant parfois le couvercle d'une marmite d'où s'échappent des effluves de tomates et d'épices, remuant le contenu bouillonant d'une autre, se brûlant de temps en temps le bout de la langue sur une spatule en bois. Ce soir il y aura du monde à la maison. Peut-être serons nous une dizaine autour de la table ronde, famille et amis, et forcément ce sera parfait. Ma mère à le talent inestimable de savoir bien recevoir. Tout en rangeant et en cuisinant, elle fredonne. Dies Irae, Dies Illa, solvet saeclum in favilla, teste David cum Sibylla. La terrible musique de Mozart l'accompagne dans chacun de ses gestes. Elle emplit tous les volumes de ce rez de chaussée un peu biscornu, se mèle aux rayons de lumière, s'enroule le long de la cage d'escalier pour s'élever dans les étages.
Dans ma mémoire, ces samedis là sont des moments parfaits. Ils ont rythmé mon enfance, l'ont ponctuée de sérénité et de musique divine.
Lorsque je suis partie de chez mes parents, la musique m'est restée, et le goût de recevoir m'a été légué par ma mère. C'est devenu un rituel, une façon de rappeler à moi ces moments passés dans cet appartement que j'aimais tant, envoutée par le jeu des grains de poussière tourbillonant en rythme dans les rayons de lumière. Le Requiem est devenu, à moi aussi, mon compagnon de préparation. Toutes fenêtres ouvertes, je range, je cuisine, je dresse la table. Et sa musique s'enfonce en moi, fait vibrer la moindre fibre de mon corps, m'apaise, me berce et m'accompagne. Souvent, soulevant le couvercle d'une marmite pour en goûter le contenu, je me prends à fredonner cette supplication latine.
Et je ne peux m'empêcher de sourire.
:. Just drop your thoughts .:
|
|
|