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Prénom : Fleur
Age : 26 ans
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16.4.03
.: 17:58 - Mutant Sashimis From Outter Space
Ca partait pourtant d'une intention fort raisonnable. Oz, Petasse devant l'Eternel, faisait le ver à soie dans un ersatz de couverture bariolée. Loic le Psychotruc et moi on lui mettait des coups pour qu'il s'habille et qu'on parte enfin en quête d'une quelconque pitance. Quelconque ? Non. Parce qu'on est au régime Psychotruc et moi, alors bon, faut pas déconner non plus. On tombe d'accord sur un resto japonais. Le poisson cru c'est sain et pis ca fait pas grossir. Ah oui mais, pour rendre les choses un peu moins simples tout de même, on décide que pas n'importe quel jap'. Ca sera Koba, à Opera, où Oz a des accointances avec le chef. Oz qui, cédant à la pression populaire (en l'occurence Loic et moi armés de battes de base ball et hurlant "ON A FAIM !@#"), fini par enfiler quelques fringues. Nous voilà donc migrant du fin fond du 15eme vers Opéra. Il fait beau, ca sent bon les jupes qui raccourcissent et les tétons qui pointent. Oz est en mode Shark, lunettes de soleil bien vissées sur le nez, histoire de cacher le regard pervers.
Quelques temps plus tard. On s'installe chez Koba, après le salut rituel au chef.
C'est là qu'ils sont passé à l'attaque.
On a rien demandé nous. On a même pas regardé la carte (qui, de toutes facons, est écrite en japonais alors bon, mais quand même, juste pour la forme). Soudainement sur la table c'est Juin 44 version les Sushis Débarquent. Des plateaux croulant sous la bouffe se matérialisent devant nous. Sashimis ultra frais qui fondent dans la bouche, Sushis et Makis du même accabit. Soupes, crudités, Thé par carafes entières. Y a à manger pour douze. Je perds définitivement le reste de ma Santé Mentale en apercevant les sashimis de noix de Saint-Jacques. On se jette sur la bouffe comme la petite vérole sur le bas clergé. Moi, fidèle à mon voeu d'amaigrissement, je m'en tiens aux sashimis. Et là c'est l'accident. Cédant à mon péché mignon nippon, je commande une paire de yakitori fromage et boeuf. Juste une paire. Une minuscule paire. Deux ridicules brochettes. Qui causeront ma perte. Parce que, soyons francs, ce qui arrive devant moi n'a de "paire de brochette" que le nom. Et à la limite l'odeur. Déja, après une exploration circonspecte, je suis en mesure de dire qu'il n y en a pas deux mais trois. Mutantes, comme les sashimis. Le tout recouvert d'une couche de fromage fondu qui ferait palir d'envie tout établissement de raclette digne de ce nom. Moi je palis, mais c'est à cause de la culpabilité. Heureusement, j'ai déja enfourné tellement de sashimis que je ne suis même pas en mesure de finir mon assiette. Le chef n'est pas de cet avis et vient déposer devant moi une assiette contenant deux monstrueux morceaux de poulet, doré à point et nappé d'une sauce dont l'odeur à elle seule suffit à me faire grossir. Evidemment, on m'invite fermement à y gouter, on l'a fait exprès pour moi. Je ferme les yeux et je mange, essayant de penser à des truc diurétiques, comme des poireaux par exemple. C'est succulent en effet, mais moi je peux plus, je crois que je vais exploser, là, tout de suite, au milieu du resto, y aura des bouts sur les murs, j'imagine déja l'air ahuri d'Oz, les lunettes recouvertes de mes intestins.
Loic, lui, ne faiblit pas et, après avoir fini les sashimis et les sushis, s'attaque à ce qu'il reste de makis. Il est très fort mais tout de même, il n'y arrive pas. On demande un doggy bag.
On a cru s'en tirer comme ça.
On avait tort.
Coup de baguette magique. Un cake au thé vert tout juste sorti du four apparaît sur la table. Des coupelles de glace aussi. Et d'autres emplies de fruits déja épluchés et coupés en morceaux juteux à souhait.
J'ai envie d'hurler. C'est pas possible, y a une erreur, on nous a pris pour Gargantua.
Au final ce sont les carafes de thé glacé qui nous ont sauvé. Ca aide à digérer. Et puis les brouettes aussi. Celles qu'on a utilisé pour nous sortir du restaurant, impotents baudruchesques que nous étions devenus.
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